
"La photo artistique n'existe pas. Dans la photo, il existe comme dans toute chose, des gens qui savent voir et d'autres qui ne savent même pas regarder."
Cet aphorisme de Nadar, pionnier parisien de l'image photographique du XIX e siècle, ouvre mon discours et souligne combien dans toute discipline artistique et pas seulement, le moyen ne représente que la "prothèse" nécessaire à la pensée, pour dire une vision personnelle à soi-même et pourquoi pas à un monde d’émetteurs possibles, vouloir jouir de l'instant rapporté.
Dans le cas de la photo, on ne peut parler « d’instants » rapportés, puisque l’instantanéité même de l'action suppose une absence de préméditation presque automatique, en gardant évidemment aussi à l'esprit l'intention visuelle de l'auteure.
Daniela Albinger saisit complètement cet instant créatif, en baptisant son commentaire d'exposition : "L’INSTANT" qui la voit auteure d'une série de visions de fantômes amples tels que : transparence aqueuse et sibylline, nudité fluide et fuyante, paysage chromatique d’onirisme plus que latent et portrait qui révèlent une fraîcheur rythmique savamment dosée sans jamais l’exagérer.
L'épaisseur atmosphérique remarquable dans le travail de cette artiste ne laisse pas de doutes :
Intention / action / développement et impression sont les quatre phases utilisées, lesquelles sont la source de réponses en adéquation avec sa créativité et son illumination visuelle.
Daniela réussit à ‘’rassembler’’, plutôt qu’à ‘’représenter’’ ce qui rend automatiquement libre le fruit de son voyage personnel interprétatif à travers les images qu’elle offre.
Dans l'intention purement Borguesiana dell’Aleph comme dans la théorie d’Einstein de la courbe temporelle, "l'instant" représente le temps : passé, présent, futur, possible et impossible…
duquel le mouvement…qui a toujours fait de la photo un potentiel poétique immense.
La photo est l'aphorisme par excellence et Daniela semble s’en être rendue compte. Je vous laisse maintenant...à son univers splendide.
Silvano Manco